Randonnées dans le Jura

Parfois, la vie nous offre des opportunités inattendues. Mon dernier voyage fait partie de celles-ci puisqu’il a été planifié une semaine à l’avance. La décision a été prise autour d’un bon repas avec un couple d’amis. Lui part régulièrement faire des randonnées en France car il souhaite suivre prochainement une formation pour être guide de moyenne montagne. C’est ainsi que mon copain a déclaré : « On pourrait t’accompagner la prochaine fois que tu pars…. » Il n’a pas fallu longtemps pour que l’idée fasse son chemin et se concrétise ! Nous sommes donc partis, à deux couples, faire de la randonnée dans le Jura durant quelques jours.

C’était une toute nouvelle expérience pour mon copain et moi puisque nous n’avions jamais vraiment fait de longue randonnée, sur plusieurs jours, même si nous aimons tous les deux marcher. Nous sommes partis cinq jours. Le premier et le dernier ont été bien remplis par les trajets en voiture, les autres ont été consacrés au randos. Nous avons logé trois nuits au camping des Flavières, près de Saint-Laurent-en-Grandevaux. Dans notre programme nous avions prévu deux randonnées d’un jour et une randonnée qui s’étalerait sur deux jours. Pour la grande randonnée, nous souhaitions dormir en refuge ou profiter des joies du bivouac, en pleine nature. Et bien je peux déjà vous dire que nous n’avons pas été déçus, et que tout le long du séjour, nous avons eu un guide formidable. Merci à lui !

Jour 1 : Mont Sala

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Le premier jour, nous sommes partis faire une randonnée du côté suisse du Jura. Nous avons laissé la voiture dans un petit village à l’extrémité nord-est du lac de Joux. On a quand même commencé la promenade par une forte montée, mais une fois la première ascension passée, le chemin était assez accessible et agréable. Nous avons traversé quelques prairies et croisé plusieurs troupeaux de vaches avant d’atteindre la cabane des électriciens, un refuge qui culmine à 1474 mètres. La vallée autour de la cabane était très jolie et les cloches des vaches qui y paissaient formaient un joyeux tintamarre.

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Après quelques minutes de marche, nous sommes parvenus à l’objectif de notre journée : le Mont Sala (1511 m d’altitude). Nous y avons pique-niqué, avec vue sur le lac Léman. Le temps étant à moitié couvert, nous avons juste pu deviner les Alpes en arrière-plan. Mais l’alternance de nuages et d’éclaircies offrait des atmosphères très contrastées et fascinantes. La suite de la promenade s’est déroulée en partie dans la forêt, en partie dans des prairies. Nous sommes passés devant pas mal de fruitières, des fromageries de villages, qui reçoivent le lait recueilli dans les alentours pour le transformer en fromage.

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Cette promenade a constitué une belle petite mise en jambe pour le premier jour de randonnée : 5 heures de marche environ, des paysages variés, des chemins assez faciles, des ascensions et des descentes, évidemment, mais pas trop longues. Ajoutez à cela un temps parfait, ensoleillé pour la plupart du temps avec une légère brise, de la bonne compagnie et voilà une très agréable randonnée !

Jour 2 : Cascades du Hérisson et coucher de soleil sur les Lacs

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Nous avions décidé ce jour-là de débuter la randonnée de deux jours. Mais il avait plu toute la nuit et la journée s’annonçait également très humide. En plus, impossible de replier les tentes rapidement car elles étaient trempées. Nous avons alors modifié le programme : nous avons fait la grande randonnée les deux jours suivants et cette journée pluvieuse a été un peu plus détendue. Après un passage à l’office du tourisme de Saint-Laurent, notre choix de visite s’est porté sur les Cascades du Hérisson.

Avant de se lancer, nous avons visité la Boisellerie du Hérisson et avons été manger une délicieuse fondue aux trois fromages et aux morilles à l’Eolienne (oui oui, une fondue début juillet, mais je vous le promets, le temps s’y prêtait bien !). Après ce copieux repas, une bonne balade digestive s’imposait !

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Le parking près de la maison des Cascades étant payant, nous nous sommes garés près du Saut Girard et nous avons fait le circuit « à l’envers ». La ballade consiste en un aller-retour de 7,4 kilomètres le long de la rivière Hérisson. Durant le parcours, on peut admirer sept cascades, qui ont chacune leurs particularités. Faire la promenade dans ce sens permet de réserver la plus belle cascade pour la fin : l’Eventail, d’une hauteur de 65 mètres. Je vous conseille de prendre de bonnes chaussures car le chemin est glissant à certains endroits, surtout s’il a plu récemment, et le dénivelé total est tout de même de 250 mètres. Finalement, nous n’avons pas eu de pluie durant la ballade mais il manquait un peu de luminosité, comme vous pouvez le constater sur les photos.

En fin de journée, nous sommes allés voir le coucher de soleil sur les 4 lacs (Ilay, Narlay, Petit et Grand Maclu). L’avantage d’une journée pluvieuse et nuageuse, c’est d’offrir un spectacle magnifique lorsque le ciel se dégage pour le coucher du soleil. La vue était imprenable depuis le Belvédère des Quatre Lacs. Nous sommes restés près d’une heure à admirer les changements de couleurs dans les nuages, et leurs reflets dans les eaux des lacs.

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Jour 3 : Réserve naturelle Haute Chaine du Jura et coucher du soleil

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Nous avions bien fait de reporter d’un jour la grande randonnée : cette troisième journée s’annonçait splendide. Nous avons quitté le camping des Flavières en fin de matinée, après avoir replié les tentes et fait les sacs. Après une petite heure de route, nous sommes arrivés à Lélex, où nous avons laissé la voiture. Le temps de se badigeonner de crème solaire, et nous commencions notre ascension. C’est la première fois que je partais avec un aussi gros sac sur le dos : nous devions porter les tentes, les sacs de couchages et de quoi se nourrir et se désaltérer pour deux jours. Car l’objectif était de trouver un beau spot pour planter la tente et bivouaquer en pleine nature, avant de reprendre la route le lendemain.

La première partie de la ballade, nous avons fait 600 mètres de dénivelé pour atteindre le Refuge de la Loge, à 1426 mètres d’altitude. Inutile de vous dire qu’avec un sac pesant une douzaine de kilos (voire plus pour les garçons qui portaient les tentes), nous marchions beaucoup plus lentement que le premier jour ! Mais en y allant à son rythme, en faisant régulièrement de petites pauses, et répartissant correctement le poids du sac sur les hanches, c’est largement faisable. Et les paysages magnifiques nous ont finalement fait oublier le poids qu’on avait sur le dos !

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Nous sommes partis du côté de la Réserve naturelle de la Haute Chaine du Jura. Je savais que sur cette partie, on verrait les Alpes. Mais j’étais loin d’imaginer la vue splendide qui s’offrirait à nous yeux. C’était très impressionnant de découvrir, après un tournant, les sommets enneigés des Alpes. Ils avaient l’air si proches et si imposants ! On était super excités à l’idée de trouver un spot pour la nuit avec vue sur les montagnes.

On a donc continué notre chemin en essayant de trouver un endroit plat pour monter les tentes, avec vue imprenable sur les Alpes. Après une raide ascension, nous avons finalement trouvé notre bonheur. Nous nous sommes posés sur un sommet où nous avions vue sur le Lac Léman et la vallée de Genève en contrebas et juste en face de nous, le Mont Blanc. Et pour couronner le tout, un magnifique coucher de soleil se préparait dans notre dos.

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Pendant presque une heure, nous avons assisté à un spectacle magnifique : le contre-coucher de soleil sur les Alpes et le Mont Blanc. Les photos rendent assez bien les couleurs et l’atmosphère particulière. Chaque instant était différent du précédant, les teintes évoluant sur les sommets, devenant plus intenses puis s’évanouissant dans la pénombre du crépuscule. J’ai vraiment passé un moment inoubliable, c’était splendide et se sentir complètement entouré de nature était vraiment ressourçant.

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Jour 4 : Lever du soleil sur le Mont Blanc et Crêt de la Neige

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Le lendemain, nous avions décidé de mettre le réveil à 5h30 pour profiter du lever du soleil. J’ai mis quelques minutes pour émerger, dur dur. Puis je me suis rappelée l’objectif de ce lever très matinal et j’ai littéralement sauté hors de mon sac de couchage ! Le temps d’enfiler mes chaussures et un pull, d’attraper mon appareil photo et j’étais hors de la tente pour admirer le spectacle. Et là, inutile de vous dire qu’on en a pris plein les yeux ! Le soleil s’est levé sur notre gauche, à l’extrémité du lac Léman, répandant ses premiers rayons sur les sommets montagneux. Le Mont Blanc s’est doucement teinté de rose tandis que les autres crêtes restaient à peine visibles dans la brume rosée.

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Mais il était déjà l’heure de replier les tentes et de boucler les sacs. Le temps de prendre un petit déjeuner devant cette vue fascinante, et nous étions repartis sur les chemins escarpés. L’objectif du jour : atteindre le Crêt de la Neige, le point le plus élevé du Jura. Nous avons donc continué notre découverte de la Réserve naturelle de la Haute Chaine du Jura, mais la partie sud-ouest cette fois-ci. Comme d’habitude, nous avons débuté par une ascension (ça réveille !), accompagnés par quelques vaches qui faisaient déjà retentir leurs cloches. La promenade était vraiment agréable : une température matinale fraiche, un sentier aux accotements très fleuris, et bien sur le Mont Blanc, qui nous semblait nous escorter dans notre randonnée. Assez rapidement, nous sommes parvenu au Crêt de la Neige, qui culmine à 1720 mètres. On avait à peine senti que l’on grimpait !

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Il ne nous « restait » plus qu’à redescendre jusqu’à Lélex pour retrouver la voiture et prendre la route pour rentrer en Belgique. Mais malgré ce que l’on pourrait croire, les descentes sont beaucoup plus éprouvantes que les montées, en tout cas pour moi. Car 800 mètres de dénivelé négatif nous attendaient… Descendre autant en aussi peu de temps s’est révélé être un vrai supplice pour mes articulations : j’avais l’impression que mes chevilles accusaient le coup à chaque pas. Bref, j’ai un peu moins profité de cette partie de la randonnée, et j’étais très contente d’enfin apercevoir les toits des maisons de Lélex.

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Mais ce n’est certainement pas cette partie de notre séjour que je retiens. J’ai vécu une expérience très riche durant ces quelques jours et le bivouac sur les sommets du Jura est un de mes plus beaux souvenirs. Nous avions réellement déniché un coin formidable avec une vue imprenable qui permettait d’observer en quelques heures d’intervalle un lever et un coucher du soleil sans se déplacer. Le Jura est vraiment une belle région, avec des paysages assez variés et encore très colorés à cette époque de l’année. Je pense qu’il y a de quoi satisfaire tout type de marcheur. Si l’expérience se représente un jour, je n’hésiterai pas y retourner.

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