LifeLines – L’exposition

Couverture

Je vous présentais dans l’article précédent le projet en maquette de mon exposition de fin d’études en design d’exposition. Voici maintenant l’exposition LifeLines réalisée à échelle réelle, dans la galerie de l’école Arts² à Mons.

Toutes les pièces présentées sont en réalité des fac simile, c’est-à-dire des reproductions fidèles des oeuvres. Une seule oeuvre est originale, il s’agit de la série de Lise Duclaux, que j’ai rencontrée dans son atelier et qui m’a prêtée plusieurs de ses pièces.

Pour accompagner l’exposition, j’ai réalisé un guide du visiteur, dont les textes ci-dessous sont issus.

Etape 2 : L’exposition

Vue générale de l'exposition
LifeLines – Vue de l’exposition
LifeLines - Vue de l'exposition
LifeLines – Vue de l’exposition

Note d’intention

Titre et texte d'introduction

LifeLines - texte d'introduction (détail)
Vue en détail du texte d’introduction, écrit sur le mur pour l’exposition LifeLines

Wolfgang Laib

Wolfgang Laib - Pollen from Hazelnut
Wolfgang Laib – Pollen from Hazelnut, 2013, Pollen, 200 x 200 cm, Collection de l’artiste

Au cours de ses études en médecine, Wolfgang Laib (1950) découvre la philosophie des bouddhistes. Au contact de leurs rituels, qui demandent contrôle de soi et patience, l’artiste allemand débute une carrière artistique. Les enseignements bouddhistes vont influencer toute sa production, au sein de laquelle la notion de temps dans la création est primordiale : pour qu’une pièce artistique naisse, il faut la travailler longtemps.

Son travail sur le pollen constitue un part ambitieuse de sa pratique. A même le sol, Wolfgang Laib réalise de grands aplats de pollen. Disposer méticuleusement des mètres carrés entiers de pollen est un acte proche de la performance. Ce travail laborieux dans la mise en oeuvre est précédé d’un long travail pour récolter le pollen. Cette récolte est également effectuée par l’artiste qui veille à utiliser le pollen issu d’une seule espèce de fleurs pour obtenir un jaune uniforme.

Chaque réalisation demande ainsi un temps énorme et une patience infinie. Les gestes oppérés par Wolfgang Laib, dans leur lenteur et leur répétition, sont propices à la méditation.

Wolfgang Laib - Pollen from Hazelnut (fac simile)
Wolfgang Laib – Pollen from Hazelnut (fac simile)

Giuseppe Penone

Giuseppe Penone - Il poursuivra sa croissance sauf en ce point
Giuseppe Penone – Il poursuivra sa croissance sauf en ce point, 1968, Dessin au crayon sur papier, 50 x 35 cm, Collection de l’artiste

Giuseppe Penone (1947) est un artiste italien proche de l’arte povera. Il s’éloigne cependant de ce mouvement par l’utilisation de matériaux nobles comme le bronze. Ses premières œuvres sont des gestes posés directement dans la nature, qu’il appelle des relevés d’ expérience. Le souhait de Penone est de faire coïncider le corps humain et la nature. Tous deux sont éphémères mais il fait en sorte que le corps humain, qui a fusionné avec la nature, soit plus stable que la nature elle-même.

Giuseppe Penone - Patates
Giuseppe Penone – Patates, 1977, Installation : 5 éléments de bronze et pommes de terre, dimensions variables, Coll. Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Dans l’œuvre Il poursuivra sa croissance sauf en ce point, Giuseppe Penone a utilisé un moulage : celui de sa propre main, qu’il est venu apposer sur le tronc d’un arbre. Penone veut faire en sorte que sa relation au tronc soit permanente, que l’arbre continue à grandir mais que sa propre trace persiste sur cet arbre. Dans le dessin préparatoire, on voit clairement que la croissance de l’arbre continue entre les doigts de Penone.

Avec Patates, on trouve un questionnement sur le temps. Au sein de ce tas de pommes de terre, Penone a ajouté des pommes de terre en bronze, qui ont la forme de fragments de corps. L’artiste a créé ces moules en bronze alors que la plante était en pleine croissance. Il a fabriqué des contre-moules dans lesquels il a posé des pommes de terre qui, en grandissant, ont prit la forme du moule. Il a ensuite moulé ces pomme de terre particulières en bronze.

Giuseppe Penone - Patates (fac simile)
Giuseppe Penone – Patates (fac simile)
Giuseppe Penone - Patates (fac simile)
Giuseppe Penone – Patates (fac simile)

Hubert Duprat

Hubert Duprat - Trichoptères
Hubert Duprat – Sept tubes de trichoptères, 1980-1997, Sept tubes de larves de trichoptères en or, pierres précieuses et perles, présentés dans une vitrine, 2 x 0,5 cm, Frac Lorraine

Hubert Duprat est un artiste français autodidacte (1957) dont la pratique artistique se caractérise notamment par sa diversité formelle. Il est difficile de trouver une ligne directrice ou un style unique à l’ ensemble de son œuvre tant l’artiste se confronte à différents domaines et matériaux. Tour à tour orfèvre, sculpteur, entomologiste, archéologue ou artiste, chaque œuvre est le résultat tangible d’une expérience spécifique et à chaque fois novatrice.

Son travail sur les trichoptères lui offre une reconnaissance dans la sphère artistique. Les larves de trichoptères sont présentes communément dans les rivières et réalisent une carapace avec les éléments présents dans leur environnement : pierres, brindilles, feuilles et autres sédiments. Afin de créer des oeuvres uniques, Hubert Duprat a créé une culture de larves dans un milieu spécifique. Les larves de trichoptères ont naturellement construit leur carapace avec les éléments mis à leur disposition par l’artiste. Les animaux ont ainsi formé lentement de luxueuses coquilles formées de paillettes, de pépites d’or, de perles et de pierres précieuses et semi-précieuses. Par l’intermédiaire de l’artiste, les larves ont ainsi endossé le rôle de véritables orfèvres.

Hubert Duprat - Trichoptères (fac simile)
Hubert Duprat – Trichoptères (fac simile)
Hubert Duprat - Trichoptères (fac simile)
Hubert Duprat – Trichoptères (fac simile)

Dove Allouche

Dove Allouche - Melanophila II (n°11)
Dove Allouche – Melanophila II, 2003-2008, 9 dessins (sur un ensemble de 140 dessins), mine de plomb sur papier Lana Royal, encadrés, 24 x 32 cm, Frac Midi-Pyrénées, (dessin n°11)

Les questions temporelles régissent une partie essentielle de la pratique de Dove Allouche. L’artiste français (1972) réalise des oeuvres qui connectent les arts de la photographie et du dessinAlors que le permier se caractérise par une capture de l’instantanéité, l’élaboration fastidieuse du second se déploie souvent dans le temps.

Dove Allouche - Melanophila II (n°12)
Dove Allouche – Melanophila II, 2003-2008, 9 dessins (sur un ensemble de 140 dessins), mine de plomb sur papier Lana Royal, encadrés, 24 x 32 cm, Frac Midi-Pyrénées, (dessin n°12)

La série Mélanophila II illustre parfaitement ce travail sur différentes temporalités. Après l’incendie d’une forêt d’ eucalytus au Portugal, l’ artiste s’est rendu sur les lieux et a réalisé 140 photographies de la catastrophe. Il a entrepris par la suite de reproduire chacun des clichés en dessin. Dove Allouche a mis cinq années pour cloturer ce travail d’ampleur. Alors qu’il reconstruisait la forêt sous la forme d’une série de dessins, les eucalytus carbonisés ont rapidement laissé la place à une nouvelle génération d’arbres.

La forêt avait mis moins de temps pour se reconstruire que l’artiste pour la redessiner. Cette temporalité de la reproduction graphique se déploie également de manière spatiale dans l’exposition des 140 dessins.

Dove Allouche - Melanophila II (fac simile)
Dove Allouche – Melanophila II (fac simile)

Zoe Leonard

Zoe Leonard - Tree + fence (série)
Zoe Leonard – Tree + fence, 1998-1999, Série de 4 épreuves à la gélatine argentine, 30,5 x 21,8 cm, Tate

La photographe new-yorkaise Zoe Leonard (1961) capture dans ses clichés la vie citadine de New York. Au travers de différentes séries, elle dresse le portrait d’une ville qui selon elle est en train de disparaître : la «Grosse Pomme» des années 90. Zoe Leonard parcourt les rues de son quartier à la recherche de détails étranges : devantures closes de magasins, vitrines croulant sous les produits, objets quotidiens oubliés dans une brouette…

Pour la série Detail (Tree + Fence), l’artiste a photographié des troncs d’arbres en pleine lutte avec l’environnement urbain. Les arbres ont continé à grandir malgré les clotures qui les entravent. L’ écorce a englobé au fil de la croissance les barreux ou les grillages. L’ arbre a trouvé un échappatoire dans chaque interstice de métal. Cette série montre la grande capacité de la nature à s’adapter et à surmonter les obstacles que l’homme lui impose parfois.

Lise Duclaux

Lise Duclaux - Nos pensées créent instantanément des formes
Lise Duclaux – Nos pensées créent instantanément des formes, 2014, Sérigraphie, 72 x 51 cm, Collection de l’artiste

Les œuvres de Lise Duclaux (1970) nous immiscent dans un monde animal et végétal et nous invitent à y porter un regard nouveau. L’imperceptible devient alors manifeste et sensible. Avec un regard plein de malice et de minutie, elle s’attarde sur les plantes, les racines, les graines et petits animaux qui cotoient nos espaces. Chacun possède sa propre histoire et sa personnalité. Bien que ces éléments évoluent à leur propre échelle, Lise Duclaux les fait entrer en résonnance avec la vie humaine. Dans ses dessins et installations, le microcosme s’unit au macrocosme pour proposer des fragments de vie d’une richesse infinie.

Avec son travail sur les taupes, elle imagine les structures soutteraines créées par ces animaux fouisseurs. Lise Duclaux se rend dans les parcs bruxellois et cartographie l’emplacement de toutes les taupinières en se servant de ses pieds comme instrument de mesure. Pas après pas, d’un monceau de terre à l’autre, elle construit une image des galeries souterraines qui nous sont inaccessibles.

Lise Duclaux - Monde hommes, Monde taupes
Lise Duclaux – Monde hommes, Monde taupes, 2014, Dessins à l’encre pigmentaire, 72 x 51 cm, Collection de l’artiste
Lise Duclaux - De l'influence de la taupe sur l'homme, Taupe n°3
Lise Duclaux – De l’influence de la taupe sur l’homme, Taupe n°3, 2012, Dessins à l’encre pigmentaire, 72 x 51 cm, Collection de l’artiste

Kim Sooja

Kim Sooja - A Laundry Woman
Kim Sooja – A Laundry Woman, 2000, Vidéo projection couleur, 10min 30sec, Collection de l’artiste

Kim Sooja (1857) est l’une des artistes sud-coréennes les plus célèbres de nos jours. Elle est notamment connue pour ses films où elle apparait de dos, restant figée dans un milieu en mouvement ou dans des endroits de passage. Par ses œuvres, elle interroge notre rapport à l’immobilité mais aussi à l’instantanéité.

Dans le film A Laundry Woman – Yamuna River, elle ne se trouve plus au milieu d’une foule mais face à la nature. Elle contemple une rivière qui coule devant elle en charriant différents éléments. Dans un premier temps, on a tendance à associer la fixité de l’artiste à une temporalité longue, alors que le mouvement de l’ eau évoque plutôt une impermanence. Mais Kim Sooja veut suggérer le contraire et l’ on comprend peu à peu, en visualisant ce film qui ne présente qu’un seul plan, que malgré la fixité de l’artiste, celle-ci est éphémère, plus éphémère que la nature.

Kim Sooja - A Laundry Woman
Kim Sooja – A Laundry Woman (fac simile)

Quelques photos du montage de l’expoVue du montage de l'expoVue du montage de l'expoVue du montage de l'expoVue du montage de l'expo

Guide du visiteur :

Guide du visiteur

Guide du visiteur

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Pour plus d’infos sur le master Masdex : http://blog.artsaucarre.be/design-exposition/

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