Let’s move ! à la Patinoire Royale

Je vous parlais dans mon précédent article de la diversité des espaces qu’offrent les galeries bruxelloises. La Patinoire Royale fait sans aucun doute partie d’un des plus beaux espaces d’exposition privé de la capitale belge. Si vous aimez les lieux d’exceptions, les belles architectures et l’art contemporain, vous ne pouvez passer à côté de la Patinoire Royale ! L’exposition actuelle, Lets’ Move ! se penche sur l’art cinétique, un mouvement artistique qui va vous faire tourner la tête !

Une patinoire ?

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© Tanguy Aumont – AIRSTUDIO / La Patinoire royale

Situé au coeur du quartier Saint-Gilles, le bâtiment a été construit en 1877 et servait, comme son nom l’indique, de patinoire. Les bruxellois l’appelaient alors le « Royal Skating » et y pratiquaient le patin à roulettes. Très vite, le domaine de l’automobile cerne tout le potentiel d’exposition de ce vaste espace : la Patinoire Royale devient, au fil des décennies, un garage Bugati, avant de passer dans le mains de Siemens puis de devenir un garage pour exposer des voitures de collection. En 1995, le bâtiment est classé monument historique. Ce n’est que quelques années plus tard, en 2007, qu’il est destiné à l’exposition et à la vente d’art. Cette année-là, Valérie Bach et son époux, Philippe Austruy, font l’acquisition de la Patinoire Royale. Après quelques années de rénovation, l’espace est ouvert au public en avril 2015.

Plus vaste galerie d’art de Bruxelles !

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La surface comprise entre les rues Faider et Veydt regroupe en réalité deux espaces d’expositions juxtaposés mais aux programmations distinctes : la Patinoire Royale et la Galerie Valérie Bach, installée depuis 2012 sous une verrière à l’arrière de la Patinoire. L’ensemble s’étend sur 3 000 m2, ce qui en fait le plus grand espace de galerie, d’un seul tenant, à Bruxelles ! Une des particularités de la Patinoire Royale est de proposer, grâce à cet espace, des expositions-ventes d’envergure muséale. En effet, les deux ou trois expositions qui s’y tiennent chaque année ont comme objectif de promouvoir la création artistique internationale des soixante dernières années, et ce suivant des thématiques bien précises. Mais toutes les oeuvres présentées durant ces expositions seront en vente !

L’exposition inaugurale de la Patinoire Royale, La Résistance des images (25.04.15 – 26.09.15), était consacrée à la figuration à partir du milieu des années 60. La vingtaine d’artistes, essentiellement français, qui y étaient présentés avaient en commun de se positionner à l’encontre de l’abstraction qui dominait à l’époque. Cette forme de résistance était alors favorable au développement du mouvement international appelé Pop Art, représenté dans l’exposition par l’artiste belge Evelyne Axell.

Lets’ move !

26.11.15 – 26.03.16

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Jesus Raphaël Soto, Extensions, 1982.

L’exposition actuelle, Let’s move ! présente un courant artistique majeur de l’art abstrait du XXe siècle : l’art cinétique. La centaine d’oeuvres exposées s’étend des années 50 jusqu’à la fin des années 80. Comme l’indique le titre de l’exposition, l’art cinétique est un art du mouvement. Soit parce que l’oeuvre nécessite que le spectateur bouge devant elle pour nous révéler ses effets d’optique, soit parce que l’oeuvre elle-même est mobile. On se laisse alors surprendre par des couleurs, des mouvements et des matériaux particuliers qui jouent avec l’illusion et déforment notre perception.

L’art cinétique a posé ses bases sur celles du futurisme qui se développe au début du XXe siècle et qui s’intéresse déjà au dynamisme dans l’art. L’art cinétique prend son essor dans les années 50, grâce à l’exposition Le Mouvement, à la galerie parisienne Denise René en 1955.

Le mouvement connait un vif succès au milieu des années 60, aussi bien de la part des critiques que du grand public. À partir du foyer français, l’art cinétique s’exporte dans toute l’Europe, y compris l’Europe de l’Est, et en Amérique latine, où il trouvera de nombreux représentants. Mais cet art du mouvement est peu à peu réduit à de simples effets esthétiques et tombe dans l’oubli.

Depuis quelques années, ce courant artistique connait un regain d’intérêt. Car le cinétisme ne joue pas seulement sur des effets perceptifs. C’est un art qui interroge l’espace et le support artistique classique. Certes, c’est un art qui est facilement accessible mais qui renferme des questionnements plus profonds que les jeux optiques que l’on perçoit au premier abord. De plus, les artistes de l’art cinétique ont assimilé les dernières avancées technologiques et intègrent dans leurs oeuvres des moteurs, de l’électricité et les recherches récentes dans le champ de la lumière. C’est donc un art résolument contemporain, autant dans sa relation au spectateur que dans les mécanismes mis en oeuvre !

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Les artistes ont rivalisé d’ingéniosité pour rendre l’art mouvant et mobile : changements chromatiques, structures géométriques superposées à la toile, phénomènes de reflets, distorsions de la lumière, interactions des couleurs, mouvements vibratoires, … Les moyens exploités par l’art cinétique sont multiples et les résultats le sont tout autant ! L’exposition met en avant cette belle diversité avec une sélection d’oeuvres d’une trentaine d’artistes, dont certains font partie des grands noms du mouvement, tels Victor Vasarely, Jesús-Raphaël Soto, Ludvig Wilding et Julio Le Parc.

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Carlos Cruz-Diez, Chromosaturation, 2015.

La scénographie de l’exposition est basée sur des cubes blancs, plus ou moins ouverts ou fermés, qui structurent le parcours en différentes thématiques, telles que Lumière et mouvement, Couleurs et mouvement ou encore La troisième dimension. On regrette cependant que ce parcours manque de fluidité et que les oeuvres dialoguent peu entre elles. Un des cubes est complètement plongé dans le noir, ce qui permet de présenter des oeuvres lumineuses de Horacio Garcia Rossi notamment. Au sous-sol, l’exposition se poursuit avec un couloir investi par Carlos Cruz-Diez. Il nous plonge dans une ambiance colorée constituée de trois couleurs saturées qui, en se mélangeant, nous offrent tout le spectre coloré. Si vous prenez un peu de hauteur grâce au très bel escalier à vis, vous découvrirez une vue panoramique de l’exposition mais également les oeuvres de Julio Le Parc, qui a réalisé un sublime travail sur le mouvement de la lumière.

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Horacio Garcia Rossi, Ensemble lumière et mouvement, 1964-68 et Boite à lumière instable, 1965.
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Julio Le Parc
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Julio Le Parc.
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Julio Le Parc, Trame en mouvement virtuel, 1965.
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Antonio Asis, Vibrations sur carrés bleus n°2875, 2014.
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Carlos Cruz-Diez, Transchromanie, 1965 et Victor Vasarely.

Informations pratiques :

Let’s move !
26.11.15 – 26.03.16

Entrée libre.
Du mardi au samedi : de 11h à 18h

La Patinoire Royale
15 rue Veydt
1060 Bruxelles

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