La ville lumière

Galeries du Louvre

La dernière fois que j’étais de passage à Paris, je suis retournée au Louvre. C’était assez spontané, je n’avais pas d’envie particulière. Seulement celle de m’y promener, d’errer dans les salles du musée. Et ça m’a fait un bien fou. Ne pas planifier, ne pas intellectualiser, ne pas chercher à comprendre ou à contextualiser. Juste se laisser porter, d’une salle à l’autre. Pour le plaisir des sens. Je suis ainsi passée de galerie en galerie, faisant des bons dans le temps, dans l’espace. Passant d’une culture à l’autre, d’une époque à l’autre simplement en franchissant une porte ou en montant une volée d’escaliers.

Et puis il y avait cette lumière. Froide et puissante, qui traversait les hautes fenêtres de l’ancien palais. L’hiver a parfois le don de nous combler de cette clarté pure. Le soleil venait se poser sur les marbres, sur les corps, soulignant les lignes courbes des sculptures. Comme une caresse. La lumière sublimait les matériaux, mettant en évidence leur brillance, leur rugosité ou leur poli parfait. La pierre était si pure, si fine à certains endroits que, traversée par un rayon, elle en devenait translucide.

Je vous parlais ici de la capacité qu’a la pratique de la photographie d’aiguiser notre regard. Je suis convaincue que faire régulièrement de la photographie exerce notre oeil et nous pousse à être plus attentifs à la beauté, souvent toute simple, de certaines situations. Je l’ai expérimenté ce jour-là, en déambulait dans les galeries du Louvre. J’ai admiré cette lumière puissante sur les sculptures. J’ai apprécié qu’elle nous offre de nouveaux points de vue, qu’elle mette en évidence certaines parties des oeuvres tout en en dissimulant d’autres. J’ai observé les visiteurs défiler devant les statues, passant sans cesse de l’obscurité à la lumière. Je me suis attardée sur les jeux géométriques formés au sol par l’ombre des croisillons des fenêtres et par les lignes des dallages. J’ai pris le temps, simplement, de regarder et de capturer ces instants, ces contrastes.

Galeries du Louvre

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Galeries du Louvre

 

La ville lumière - Galerie PerrotinLe jour suivant, c’était au tour de l’espace de la galerie Perrotin, dans le Marais, de m’enchanter. Là encore, la lumière hivernale était généreuse. Tantôt, pénétrant par flots dans l’espace, elle formait des formes étirées sur le béton lissé de la galerie. Mais souvent, elle était filtrée par de longs voiles disposés devant les fenêtres. Les salles, plongées dans une atmosphère intime, prenaient alors des accents gris argentés. Les palmiers qui apparaissaient au travers de ces fins textiles, ajoutaient une note exotique et estivale à l’espace. Ici, tout était silencieux, paisible. Agréable contraste avec le tumulte des galeries du Louvre arpentées la veille. Seuls quelques membres du personnels soulevaient les voiles de leur passage furtif.

 

Galerie Perrotin

Galerie Perrotin

Galerie Perrotin   Galerie Perrotin

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