Independent et YIA Art Fair

Voici la suite de ces quelques jours de visite effrénés parmi les foires d’art contemporain qui se tenaient à Bruxelles il y a une dizaine de jours. Dans le précédent article, je vous avais emmenés à Art Brussels, l’événement phare autour duquel gravitent d’autres foires. Aujourd’hui, je vais principalement vous parler de la foire Independent et de YIA Art Fair, qui ont chacune leurs spécificités.

Independent

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Qu’est-ce que c’est ?

A l’origine, Independent est une foire new-yorkaise fondée en 2010. En 2016, la foire a décidé de créer une édition en Europe, et elle a choisi Bruxelles pour s’implanter. Pour cette première édition, elle a occupé les six étages de l’ancien Dexia Art Center, en plein coeur de la capitale.

Independent regroupe 60 galeries et associations, réparties sur les différents étages sans hiérarchie particulière. Un tiers des galeries présentes est non européen, ce qui constitue une offre intéressante au regard d’Art Brussels, dont la plupart des galeries sont européennes. Un autre atout de cette foire est de proposer une place à des galeries qui n’ont jamais participé à une foire bruxelloise, une manière d’apporter de belles nouveautés dans la capitale. Enfin, on retrouve dans la sélection une bonne partie de galeries belges, ainsi que des associations. Il est clair que ces galeries font partie des plus importantes au niveau international et donc que la qualité des propositions est excellent !

Mon avis

J’ai trouvé que le lieu se prêtait particulièrement bien à l’événement. Déjà, il est facile d’accès puisque situé à quelques pas de la Grand Place, et le fait que l’entrée soit gratuite constitue un réel atout pour les étudiants comme moi. Ensuite, les six étages sont disposés autour d’un puits central qui permet de relier visuellement les différents niveaux et de rythmer la circulation : on ne se perd pas et l’on sait toujours où l’on se trouve dans le parcours, pas d’ambiguité possible. Ca permet de ne pas se poser sans cesse la question « On a déjà été par là ? », question que je me suis posée régulièrement à Art Brussels.

Ce qui rend agréable la visite, outre le lieu, c’est le nombre restreint de galeries présentes. On n’a pas cette impression d’être noyé dans la masse. L’objectif n’est pas de montrer le plus possible mais le mieux possible. Et cela se ressent notamment dans la disposition des stands. Ils sont ouverts et pas cloisonnés, certaines oeuvres faisant parfois office de séparation entre différentes galeries. On passe ainsi d’un stand à l’autre sans vraiment s’en rendre compte, comme s’il s’agissait d’une exposition globale. C’est très agréable et génère une certaine fluidité lors de la visite.

Enfin ce que j’ai apprécié, c’est la qualité des oeuvres et leur diversité. J’ai remarqué qu’une plus grande place était laissée aux installations à aux sculptures, alors que la peinture se faisait plus discrète.

Mes coups de coeur
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DSC_05173. Independent - 124.

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  1. Ane Graff, 1857 (Oslo)
  2. Ane Graff, 1857 (Oslo)
  3. Josh Tonsfeldt, Simon Preston (New York)
  4. Josh Tonsfeldt, Simon Preston (New York)
  5. Rodrigo Matheus, Ibid Gallery (Londres & Los Angeles)
  6. Sara Barker, Carlier Gebauer (Berlin)
  7. Secundino Hernandez, Murias Centeno (Porto & Lisbonne)
  8. ?
  9. Julia Haller, Meyer Kainer (Vienne)
  10. ?, VI, VII (Oslo)
  11. Uta Barth, Andrehn-Schiptjenko (Stockholm)

YIA Art Fair

Qu’est-ce que c’est ?

Le salon YIA Art Fair, ou Young International Artists Art Fair, a été fondé en 2010 à Paris. Son objectif premier est de faire la promotion, de diffuser et d’exposer des artistes qui font partie de la scène artistique contemporaine émergente. La sixième édition de ce salon a cette année déménagé à Bruxelles, dans un immeuble désaffecté occupé actuellement par la galerie Louise 186.

YIA Art Fair y a présenté pendant 4 jours une sélection de 35 galeries internationales considérées comme émergentes et prospectives. Du fait de la nationalité de la foire, 24 participants sont français. Une occasion intéressante donc de se plonger au coeur de la jeune production artistique française et de consolider les collaborations avec nos voisins.

Mon avis

C’est de loin le salon le plus condensé que j’ai visité durant cette semaine. Certes, la sélection des galeries est restreinte puisqu’elle représente en nombre un quart des galeries présentes à Art Brussels. Mais chaque plateau était rentabilisé au maximum, laissant très peu de répit et de temps de repos. Sans compter qu’il y a 6 étages et 2 sous-sols si je me souviens bien, si bien qu’il est possible de s’y perdre un peu.

Mais il faut toutefois signaler que l’ambiance du lieu est sympathique : les murs de briques rouges sont laissées nues, le sol brut ajoute un certains cachet à l’ensemble et les grandes fenêtres offrent une lumière naturelle agréable, souvent peu présente, voire inexistante, dans les autres foires. Enfin, aux derniers étages ont été installés une sorte de salon privé ainsi qu’un bar et un restaurant depuis lesquels on a une jolie vue sur la ville.

Au niveau des oeuvres présentées, il y a un peu de tout, tant au niveau des médiums que de la qualité. J’ai en tout cas eu moins de coups de coeur qu’à Art Brussels et à Independent.

Mes coups de coeur
1.
YIA Art Fair - 3
2.

YIA Art Fair - 43. 4.YIA Art Fair - 55. YIA Art Fair - 16.

YIA Art Fair - 7
7.
YIA Art Fair - 8
8.
9.
  1. Sachiko Kodama, Galerie Da-End (Paris)
  2. Cousteau Tazuke, Frantic Gallery (Tokyo)
  3. Nathalie Auzépy, NA Studio (Paris)
  4. John Dante Bianchi, Galerie Derouillon (Paris)
  5. Valentin van der Meulen, Mazel Gallery (Bruxelles)
  6. Lucy Glendinning, Galerie Da-End (Paris)
  7. Nils Guadagnin, Galerie Derouillon (Paris)
  8. Mathias Kiss, Armel Soyer (Paris)
  9. Mathias Kiss, Armel Soyer (Paris)

OFF Course Young Art Fair

Qu’es-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, cette foire constitue la section Off d’Art Brussels. Comme la foire principale, cette édition a également subi diverses changements. Tout d’abord, elle s’est aussi installée dans un nouveau lieu : au Palais de la Dynastie, au pied du Mont des Arts. Ensuite, elle a ajouté l’adjectif « Young » a son nom, insistant ainsi sur sa fonction de plateforme d’exposition pour les jeunes artistes.

C’est donc là qu’il faut se rendre pour voir ce que les étudiants des académies belges ont à nous proposer. Ces académies présentent aussi le travail des jeunes diplômés les plus prometteurs. Par ailleurs, la première section de cette foire est consacrée à 15 galeries internationales qui présentent le travail d’artistes de moins de 40 ans, offrant ainsi une jonction entre le monde scolaire et le monde du marché de l’art.

Mon avis

C’est sans aucun doute la foire qui m’a le moins plue, tant en terme de qualité des oeuvres, qu’en terme de disposition et d’espace. Tout d’abord, les quelques galeries qui tiennent un stand dans cette foire sont des galeries de taille modeste et dont le réputation est encore à faire, et malheureusement, je n’ai pas été particulièrement séduite par leurs propositions. Il en va de même pour la partie réservées aux académies. Il y avait certes de belles intentions mais il manquait souvent quelque chose pour qu’elles soient abouties. Il faut dire aussi que l’espace ne se prêtait pas toujours bien aux présentations des oeuvres.

Quoi qu’il en soit, je trouve toujours intéressant de visiter des foires de moindre envergure. Cela permet de comparer avec d’autres propositions, et de forger son regard critique : Qu’est-ce que je trouve moins bon ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ? Comment ? Je ne regrette donc pas d’être passé à la Off Course car cela m’a permis de voire les différences entre ce type de foire et les foires plus importantes, comme Art Brussels et Independent.

Je regrette par contre de n’avoir pas de visuels à vous montrer. Comme rien ne m’a vraiment « tapé dans l’oeil » je n’ai pas pensé à prendre de photos.

Popposition

Il existe également une autre foire qui se tenait en même temps qu’Art Brussels. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de la visiter. Et pour être honnête, les trois jours passés à Bruxelles ont été tellement denses que je n’ai pas eu le courage de retourner à Bruxelles le week-end pour visiter cette foire.

C’est pourtant dommage car selon l’avis de certains, Popposition en valait vraiment la peine. L’ambiance était apparemment très différentes des foires officielles puisque ce salon d’art contemporain a justement comme volonté de questionner le marché de l’art et de le repenser autrement. Installé dans une ancienne blanchisserie, les 26 galeries présentaient chacune un projet pointu, en relation avec la thématique de l’édition : The Wrong Side. Les différentes propositions entraient donc en résonance les unes avec les autres et l’ambiance était plutôt conviviale, la discussion plus facile à engager avec les différents acteurs.

Ce sera donc pour l’année prochaine !

Et vous, qu’avez vous pensé de ces foires ? Laquelle avez-vous préférée ?

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