Fenêtre sur l’intimité des collectionneurs

Private Choices, à la Centrale.

L’exposition Private Choices présentée à la Centrale for contemporary art nous offre la possibilité de découvrir 11 collections bruxelloises, soit 11 personnalités de collectionneurs/duos de collectionneur, et autant de manière de collectionner. Collectionner c’est acquérir, conserver, soutenir des artistes, faire des choix, aller à la rencontre de pratiques, se révéler, parfois se dévoiler. Les 11 propositions parlent de tout ça, chacune à leur manière, mais toujours avec passion et générosité.

Private Choices, à la Centrale.
Vue de l’exposition Private Choices, à la Centrale. Collection Servais.

Les collectionneurs jouent un rôle de premier plan dans le domaine de l’art contemporain. Véritables soutiens aux artistes, ils font vivre les galeries et valorisent la création artistique en prêtant leurs oeuvres aux institutions pour des expositions. Mais ces collections restent peu montrées au grand public, à l’exception de la Vanhaerents Art Collection qui organise annuellement une exposition avec des oeuvres issues de la collection. Les autres collections sont pour la plupart invisibles pour le visiteur : elles vivent aux côtés des collectionneurs, dans leurs maisons ou appartements bruxellois ou sont conservées dans des espaces de stockage.

La commissaire de l’exposition, Carine Fol, directrice artistique à la Centrale, a poussé la porte de ces espaces pour découvrir la richesse des oeuvres collectées au fil des années sur le territoire bruxellois. En collaboration avec les collectionneurs, ou de manière plus indépendante, une sélection s’est peu à peu opérée, une articulation a émergé autour de l’esprit de chaque collection.

Private Choices, à la Centrale.
Vue de l’exposition Private Choices, à la Centrale. Collection R.PATT.
Private Choices, à la Centrale.
Vue de l’exposition Private Choices, à la Centrale. Collection BC.
Une belle diversité

Pour ce projet, Carine Fol avait à coeur de montrer une diversité dans les pratiques de collecte. Cela se ressent au regard des 11 collections présentées à la Centrale : collectionneurs masculins ou féminins, achetant de manière indépendante ou en duo. Au sein des couples de collectionneurs, les choix se font tantôt de manière concertée, comme c’est le cas pour la collection 1987 où le couple fonctionne toujours « En osmose ». Tantôt les goûts de chacun des partenaires divergent davantage, créant ainsi, comme dans la collection R. Patt, un bel alliage entre art contemporain et surréalisme. La variété des pratiques se décèle aussi dans les noms que chacun a donné à sa collection, entre ceux déjà bien connus et reconnus et ceux qui désirent rester anonymes.

Private Choices, à la Centrale.
Vue de l’exposition Private Choices, à la Centrale. Collection Nicole et Olivier G.
Private Choices, à la Centrale.
Vue de l’exposition Private Choices, à la Centrale. Collection Collection Frédéric de Goldschmidt.
La voix des collectionneurs

En introduction à chaque sélection, la commissaire a demandé aux différents collectionneurs de choisir un titre, mais aussi un livre et une chanson qui rentreraient en résonance avec les oeuvres qu’il/elle a choisies de montrer. Ce lien avec d’autres formes de création constitue ainsi une autre porte d’entrée sur la collection, une autre manière de la comprendre. Chaque collectionneur s’est en plus prêté au jeu de l’enregistrement audio. Sur le modèle de l’interview ou de la confidence, les collectionneurs ont donné de leur voix pour expliquer leur passion, la manière dont ils collectionnent, comment ils vivent avec leurs oeuvres. Pour prolonger votre visite, ou l’anticiper, vous pouvez retrouver ces interviews sur le site de la Centrale.

Private Choices, à la Centrale.
Vue de l’exposition Private Choices, à la Centrale. Collection Veys-Verhaevert.
Private Choices, à la Centrale.
Vue de l’exposition Private Choices, à la Centrale. Collection Galila.
La collection comme portrait ?

Montrer sa collection, c’est aussi révéler une part de son intimité. La plupart des collectionneurs vivent avec leurs oeuvres, ou en tout cas une partie : elles les accompagnent quotidiennement. Ces oeuvres révèlent non seulement leurs goûts et coups de coeur artistiques mais aussi leur vision qu’ils portent sur le monde, sur la vie. Mais ces collections sont aussi, souvent, le reflet de leur intimité, de leur personnalité, de leur parcours. Certaines collections s’apparentent ainsi à de véritables portraits, pour autant qu’on possède les clés pour comprendre ces liens forts entre l’oeuvre et son propriétaire.

Certains collectionneurs ont fait le choix de proposer des visites de leur collection par la Centrale (collections de Walter Vanhaerents, Frédéric de Goldschmidt et Alain Servais). D’autres ont décidé de donner de leur temps pour se glisser dans la peau du médiateur durant les heures d’ouverture de la Centrale. Ainsi, grâce au récit passionné de Christophe Veys, la Collection invisible, qui rassemble beaucoup de pièces au sens caché, se dévoile davantage et nous offre toute sa richesse.

N’hésitez donc pas à vous rendre à la Centrale pour voir cette exposition très attendue, qui montre que le territoire bruxellois est riche de collections d’une grande qualité. C’est une occasion unique de découvrir ces collections et d’entrevoir aussi les personnalités qui se cachent derrière et qui permettent aux oeuvres de continuer d’exister.

Jusqu’au 27 mai 2018 à la Centrale for contemporary art.

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