Cette semaine j’aime #8

Johan Creten - Sunrise / Sunset - Perrotin

Voici un petit tour des expositions que j’ai appréciées lors de mon voyage à Paris, en février. J’ai décidé de les rassembler dans cet article de la série « Cette semaine, j’aime » pour vous donner un aperçu rapide de ces quelques découvertes. Il s’agit de deux expositions qui étaient présentées au Centre Pompidou : la rétrospective de César et l’exposition monographique de Sheila Hicks. Viennent ensuite deux travaux que j’ai découvert dans des galeries parisiennes lors d’une journée dans le Marais : Johan Creten chez Perrotin et Raùl Illarramendi à la galerie Karsten Greve.

La scéno de la rétrospective de César

César, la rétrospective, Centre Pompidou
« César, la rétrospective », Centre Pompidou, vue de l’exposition

Cet hiver, le Centre Pompidou a consacré une rétrospective au sculpteur français César (1921-1946). Figure emblématique de la sculpture moderne, il a révolutionné la gestuelle de cette pratique en utilisant la force de la machine pour ses Compressions, donnant naissance à ses célèbres voitures comprimées. Sa pratique est une expérimentation constante, elle se laisse guider par la couleur, la forme et surtout, par la matière.

L’exposition suit un parcours thématique, présentant au public les 5 grandes pratiques de César : Les Fers soudés, qui rassemblent les oeuvres les plus anciennes de l’artiste. Viennent ensuite les « 3 gestes décisifs » de César, avec les Compressions, Les Empreintes humaines et les Expansions. Et enfin les Enveloppages, oeuvres un peu moins connues. Bien que César ait amorcé ces pratiques de manière successives, il n’a jamais vraiment délaissé ses Compressions et revenaient régulièrement à ses premières expériences.

Pour bien faire ressentir cette influence constante des différents grands chantiers de César entre eux, la parti-pris scénographique a été de laisser l’espace de l’exposition presque totalement ouvert. Seules de courtes cloisons délimitent l’espace et le visiteur peut aisément passer d’un chapitre à l’autre, sans nécessairement suivre la chronologie de la pratique de l’artiste. Cette disposition permet ainsi des allers-retours fréquents et tout à fait pertinents entre les différentes séries.

César, la rétrospective, Centre Pompidou
« César, la rétrospective », Centre Pompidou, vue de l’exposition

César, la rétrospective, Centre Pompidou   César, la rétrospective, Centre Pompidou

César, la rétrospective, Centre Pompidou   César, la rétrospective, Centre Pompidou

César, la rétrospective, Centre Pompidou
« César, la rétrospective », Centre Pompidou, vue de l’exposition

« La couleur décide » Sheila Hicks

Lignes de vie - Sheila Hicks - Centre Pompidou
Lignes de vie – Sheila Hicks – Centre Pompidou, vue de l’exposition

Visiter la rétrospective du travail de Sheila Hicks, c’est s’immerger dans la couleur et la matière. L’artiste américaine (1934) travaille le textile dans toute sa tridimensionnalité. Elle fait véritablement de la sculpture avec du tissu. Ce qui l’intéresse, c’est créer du volume, exalter la matière. L’exposition est véritablement une invitation à vivre une expérience sensorielle. Les oeuvres sont d’ailleurs disposées dans ce but et non dans un parcours chronologique. Située au rez-de-chaussée du Centre Pompidou, dans cet espace ouvert largement ouvert sur la ville, les oeuvres textiles composent un dialogue intéressant avec l’extérieur, avec l’architecture et l’activité urbaine.

Les corps des visiteurs jouent avec les lianes, les piles de cordes, et les étendues tissées, s’immergent dans cet environnement aux couleurs puissantes, disparaissent au milieu de ces coulées de fils. Les installations de Sheila Hicks ne sont pas figées, elles s’adaptent à leur lieu d’exposition et ne possèdent pas de forme définitive. L’art de Sheila Hicks est donc un art vivant, qui prend possession de l’espace et séduit l’entièreté de nos sens.

En bonus, voici le lien de l’épisode de la série « Flash Expo » créée par Connaissances des Arts sur l’exposition : https://www.youtube.com/watch?v=wQLL20btK5g&t=0s

Lignes de vie - Sheila Hicks - Centre Pompidou
Lignes de vie – Sheila Hicks – Centre Pompidou, vue de l’exposition

   

Lignes de vie - Sheila Hicks - Centre Pompidou
Lignes de vie – Sheila Hicks – Centre Pompidou, vue de l’exposition

   

Lignes de vie - Sheila Hicks - Centre Pompidou
Lignes de vie – Sheila Hicks – Centre Pompidou, vue de l’exposition

Les céramiques sombres de Johan Creten

Johan Creten - Sunrise / Sunset - Perrotin
Johan Creten – Sunrise / Sunset – Perrotin, vue de l’exposition

La galerie Perrotin m’avait enchantée par ses jeux de lumière qui filtraient à travers les voilages des fenêtres, je vous en parlais ici. Mais j’y ai surtout découvert le travail de Johan Creten, un artiste belge qui vit et travaille maintenant à Paris. Johan Creten est reconnu pour son travail de la céramique mais l’exposition à la galerie permet une rencontre avec les différents médium utilisés par l’artiste, comme deux séries photographiques anciennes ou son travail plus récent en bronze autour de la figure du vautour.

Les pièces qui m’ont le plus marquées sont ses portraits de femmes réalisés sur des grandes plaques de grès émaillées. L’aspect brut du modelage et les formes anguleuses des visages et des tissus créent des oeuvres d’une grande intensité plastique. Ces portraits sont à la fois puissants et mystérieux et ces visages à demi camouflés par les voiles relèvent aussi d’une certaine intimité, créant ainsi un bel écho avec les oeuvres Vulvas suspendues çà et là sur les murs de la galerie.

Johan Creten - Sunrise / Sunset - Perrotin   Johan Creten - Sunrise / Sunset - Perrotin

Johan Creten - Sunrise / Sunset - Perrotin
Johan Creten – Sunrise / Sunset – Perrotin, vue de l’exposition
Johan Creten - Sunrise / Sunset - Perrotin
Johan Creten – Sunrise / Sunset – Perrotin, vue de l’exposition

Johan Creten - Sunrise / Sunset - Perrotin   Johan Creten - Sunrise / Sunset - Perrotin

Traces evanescentes. Raùl Illarramendi

Raul Illarramendi - Accrochage - Galerie Karsten Greve
Galerie Karsten Greve, vue de l’exposition « Accrochage »

Pour terminer, j’ai découvert au sein de l’exposition collective proposée par la galerie Karsten Greve, le travail de l’artiste vénézuélien Raùl Illarramendi (1982). Sa pratique est centrée sur les traces laissées par les hommes dans l’environnement urbain. Il les observe, les photographie, les collecte et s’en inspire ensuite pour ses compositions picturales. La technique mixte qu’il a développée, alliant peinture et dessin, donne naissance à ce qu’il appelle des non-dessins. En effet, après avoir longuement préparé la toile en y apposant différentes couches d’enduit et de gouache, il crée des traits et des zones en réserve. Les traces émergent alors des espaces non crayonnés, laissés vides. Le résultat de ce travail minutieux est velouté, mouvant, et captive notre oeil. Le temps de contemplation du spectateur se calque ainsi sur le travail d’observation de l’artiste à l’origine de ces toiles.

Pour en savoir plus, voici le lien d’un bel article sur une visite d’atelier de l’artiste : http://followartwithus.com/visite-dans-latelier-de-raul-illarramendi/

Raul Illarramendi - Accrochage - Galerie Karsten Greve
Raul Illarramendi – Galerie Karsten Greve
Raul Illarramendi - Galerie Karsten Greve
Raul Illarramendi – Galerie Karsten Greve
Raul Illarramendi - Accrochage - Galerie Karsten Greve
Raul Illarramendi – Galerie Karsten Greve

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