Cette semaine, j’aime #7

Christo - Urban Projects

Pour cette 7e édition de la série « Cette semaine, j’aime », on reste dans la capitale bruxelloise, avec quatre expositions monographiques. Deux d’entre elles présentent les travaux d’artistes majeurs de la scène internationale moderne et contemporaine : Fernand Léger à Bozar et Christo dans l’espace ING. J’ai visité récemment le Mima pour la première fois, le musée de la culture 2.0 qui a ouvert le long du canal en 2016. L’exposition du duo Akay & Olabo ne manquera pas de vous étonner. Enfin, petit tour par la Patinoire Royale, un espace dont je vous ai déjà parlé ici, pour découvrir le travail performatif d’Alice Anderson.

Christo, Urban Projects

Christo - Urban Projects
Christo « Urban Projects », Vue de l’exposition, ING Art Center

Les empaquetages de bâtiments publics et les installations urbaines créés par le couple d’artistes américains Christo sont très connus du grand public. Ce que l’on sait moins, c’est qu’en raison des coûts importants et des autorisations souvent difficiles à obtenir, seule une partie des projets urbains de Christo est réalisée. La vente des esquisses, dessins et maquettes permettent aux artistes de financer leurs ambitieux projets.

Christo - Urban Projects
Christo « Urban Projects », Vue de l’exposition, ING Art Center
Christo - Urban Projects
Christo « Urban Projects », Vue de l’exposition, ING Art Center

L’exposition au ING Art Center présente une belle sélection de ces études préparatoires. Elles permettent de comprendre les différentes étapes de la réalisation d’un projet et les contraintes techniques qui y sont liées. On sent d’ailleurs dans le degré d’aboutissement et de précision des dessins qu’ils sont réalisés non seulement dans un but d’étude mais qu’ils sont aussi bien destinés à attirer les collectionneurs et les institutions muséales.

Au fil du parcours chronologique, on retrouve des projets emblématiques du couple, comme le Wall of Oil Barrels, rue Visconti (Paris,1962), l’emballage du Pont Neuf (Paris,1985) ou du Reichstag (Berlin, 1995) ou plus récemment les portails voilés le long des chemins de Central Park (New York, 2005). Beaucoup de lieux et bâtiments choisis par Christo sont porteurs d’une symbolique forte. L’impact visuel et l’ampleur de l’installation répondent alors aux valeurs historiques, sociales ou politiques du lieu. Dans beaucoup de projets, on sent aussi l’envie de mener une réflexion sur les espaces de circulation, sur la déambulation et le mouvement de l’homme dans la ville. Les projets mettent aussi souvent l’accent sur les relations entre la nature et l’urbain, sur la place des parcs et des espaces verts au sein des villes.

Christo - Urban Projects
Christo « Urban Projects », Vue de l’exposition, ING Art Center
Christo - Urban Projects
Christo « Urban Projects », Vue de l’exposition, ING Art Center

 

Akay & Olabo, Wonderland

Akay & Olabo - Wonderland
Akay & Olabo. « Wonderland » – Vue de l’exposition au Mima

Si vous voulez une exposition interactive, ludique et immersive, l’exposition Wonderland présentée en ce moment au MIMA va certainement vous plaire. Les deux artistes suédois Akay & Olabo ont une pratique artistique pour le moins singulière : leur démarche consiste à la base à s’infiltrer dans des zones urbaines interdites, à prendre possession de bâtiments abandonnés, à créer des installations dans des espaces en marge de la civilisation. La particularité de leur art est qu’il est principalement invisible : à moins de se rendre dans ces lieux, le public n’y a pas accès. Leurs intrusions, à la limite de la légalité, nous sont rendues accessibles grâce à des films principalement, mais aussi des photos, des cartes et des objets subtilisés et réactivés.

Akay & Olabo - Wonderland   Akay & Olabo - Wonderland

L’exposition Wonderland propose au public de vivre une expérience similaire à celle que vivent les deux artistes lorsqu’ils pénètrent dans un lieu vide ou interdit. Le passé industriel du bâtiment muséal rentre d’ailleurs en résonnance avec l’esprit du projet. Tous les objets présentés dans l’exposition sont issus des périgrinations des deux artistes. Le visiteur est alors invité à ouvrir des portes aux systèmes d’ouverture insolites, à escalader des échelles pour découvrir des espaces cachés.

Dès l’entrée, la question de la visibilité est posée par la présence d’une multitude de caméras de surveillance qui renvoient une image démultipliée des personnes visitant l’exposition. Plus loin, le visiteur est invité à trouver les combinaisons de cadenas. Bien que ces cadenas ne donne accès à rien, chacun se laisse facilement entraîner par cette activité qui prend des allures méditatives. Je n’en dévoile pas plus, rendez-vous au Mima pour découvrir toutes les facettes du parcours qui sort des sentiers battus et qui offre une approche interactive de l’exposition.

Akay & Olabo - Wonderland   Akay & Olabo - Wonderland

En savoir plus : http://www.mimamuseum.eu/wonderland/

Exposition visible du 26 janvier au 22 avril 2018

Rétrospective de Fernand Léger

Fernand Léger - Rétrospective Bozar
« Fernand Léger. Le Beau est partout » – Vue de l’exposition à Bozar.
Fernand Léger, « Les deux femmes debout », 1922, Huile sur toile, 65 x 54 cm, Collection Centre Pompidou, Paris – Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle © Centre Pompidou, MNAM- CCI/Christian Bahier et Philippe Migeat/Dist. RMN-GP © SABAM Belgium 2018

« Le beau est partout ». C’est certainement la phrase qui résume le mieux la démarche artistique de Fernand Léger, cet artiste moderne qui, à partir de la peinture, a exploré un champ très vaste de disciplines : le cinéma, les arts de la scène, la poésie, ou encore l’architecture. Cette diversité est bien visible à travers la sélection des 100 pièces qui forment cette exposition : décors et costumes de ballet, affiches, projets pour des vitraux, et films expérimentaux se combinent pour nous montrer comment Fernand Léger a réussi à infuser sa peinture dans divers médias et supports grâce à de multiples collaborations.

Pour en savoir plus : https://www.bozar.be/fr/activities/126681-fernand-leger

Exposition visible du 9 février au 3 juin 2018

Alice Anderson, Itinéraires d’un corps

Alice Anderson - Itinéraire d'un corps
Alice Anderson – Itinéraire d’un corps, Vue de l’exposition à la Patinoire Royale
Alice Anderson - Itinéraire d'un corps
Alice Anderson – Itinéraire d’un corps, Vue de l’exposition à la Patinoire Royale

La pratique d’Alice Anderson est avant tout performative. Pour le grand espace de la Patinoire Royale, l’artiste franco-britannique a spécialement conçu une installation composée de carrés de fils cuivrés suspendus. Ces formes géométriques renvoient à la pratique ancestrale du tissage. L’artiste a en effet développé une relation privilégiée avec la culture colombienne des Arhuacos, pour qui la danse et le tissage occupent une place importante dans leurs rites. En référence aux rituels méditatifs de ce peuple indigène, l’artiste explore la dimension répétitive et spirituelle du tissage dans l’acte de création de ses pièces.

L’utilisation du cuivre n’est pas anodin pour Alice Anderson : ce matériau symbolise pour elle la connexion au monde numérique qui nous submerge aujourd’hui. Mais il est aussi matériaux de mémoire, qui lui permet de garder la trace d’objets et d’architectures lors de ses performances rituelles. Les sculptures ainsi créées sont présentées dans l’espace de la galerie et rassemblées sous le nom de « Spiritual Machines ». Le fil cuivré fait ainsi le lien entre différents pôles : le matériel et le spirituel, l’ancestral et le moderne, le visible et l’invisible.

Pour en savoir plus : http://www.prvbgallery.com/exposition/alice-anderson

Exposition visible du 12 janvier au 17 mars 2018

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