Cette semaine, j’aime #6

Vue de la galerie Greta Meert

Pour ce nouveau numéro de la série « Cette semaine, j’aime », je vous propose de découvrir quatre travaux d’artistes contemporains qui sont tous présentés actuellement dans des galeries bruxelloises. Ces quatre lieux font d’ailleurs partie des espaces que je visite systématiquement quand je fais une « tournée » des galeries car ils représentent des artistes dont le travail fait souvent écho en moi. De plus, ces galeries proposent souvent une réflexion sur la mise en espace et l’accrochage est toujours de qualité.

Entre les feuillages de Paul Wackers

Paul Wakers, expo à Alice Gallery   Paul Wakers, expo à Alice Gallery

La galerie Alice présente pour la 3e fois une exposition solo du peintre américain Paul Wackers : « Parts of everything that are pieces of everything are all around us ». Les toiles de Wakers nous plongent dans des environnements foisonnants dans lesquels des éléments figuratifs, essentiellement des plantes d’intérieur, cohabitent avec des fragments abstraits. Entre les feuilles et les branchages s’immiscent ainsi des lignes qui traversent la toile, des tâches colorées qui attirent le regard.

Paul Wakers, expo à Alice Gallery
Vue de l’exposition « Parts of everything that are pieces of everything are all around us » de Paul Wackers à la galerie Alice.

Ces éléments abstraits déconstruisent la perspective, perturbent l’agencement des différents plans de la composition. Tantôt déstructurantes, ces lignes servent parfois aussi de structure aux éléments, comme les planches d’une étagère sur lesquelles reposent différents objets. Le travail de Wackers sur la couleur, les textures et la composition rendent ces toiles fascinantes et ne cessent de surprendre l’oeil du spectateur.

Exposition à voir à la galerie Alice jusqu’au 28 janvier 2018.

 

 

Les Nocturnes de Philippe Cognée

Philippe Cognée, expo chez Daniel Templon
Vue de l’exposition « Nocturnes » de Philippe Cognée à la galerie Templon.

Cette nouvelle série d’oeuvres de Philippe Cognée, rassemblée sous le titre « Nocturnes », est présentée à la galerie Templon. On y retrouve la technique particulière de l’encaustique, véritable signature du peintre, qui donne un aspect flouté aux scènes. Cognée utilise des photographies et des polaroïds comme base de ses peintures. Ces souvenirs personnels tendent ici vers l’abstraction, questionnant ainsi la relation entre mémoire et peinture.

Philippe Cognée, expo chez Daniel Templon
Vue de l’exposition « Nocturnes » de Philippe Cognée à la galerie Templon.

Les sujets de cette série sont essentiellement des lieux abandonnés : un lit, une table de fête, une bibliothèque. La lumière nocturne qui baigne sur l’ensemble immerge le spectateur dans une ambiance particulière, entre mélancolie et inquiétude.

Expo à voir à la Galerie Templon jusqu’au 23 décembre 2017.

 

 

 

 

 

 

 

Formes de langage : Detanico/Lain

Pour appréhender les oeuvres du duo brésilien formé par Angela Detanico et Rafael Lain, il faut d’abord en saisir le code. Il faut comprendre leurs différentes installations comme un langage, comme une écriture particulière à déchiffrer.

Detanico/Lain, à la galerie LMNO
Vue de l’exposition « Oceans » de Detanico/Lain à la galerie LMNO.

Les cercles concentriques posés sur le sol de la galerie écrivent par exemple le mot « Union » selon le principe suivant : 1 cercle = A ; 2 cercles = B ; et ainsi de suite. Le même principe est utilisé avec le nombre de fleurs présent dans les cinq vases posés sur la cheminée. A vous de compter…

Plusieurs oeuvres se présentent comme des paysages. Elles font référence à la résidence réalisée récemment par les artistes à Kyoto. Ces oeuvres sont constituées de mots, de texte, qui forment une image. Ainsi, les termes « distance » et « horizon » dessinent un profil montagneux. Plus loin, les nuages qui défilent sur le mur sont formés par les lettres d’un haïku japonais.

Exposition à voir à la galerie LMNO jusque’au 23 décembre 2017.

Anne de Gelas, une mère, une femme

Anne de Gelas, "Mère et Fils", à Contretype
Vue de l’exposition « Mère et Fils » d’Anne de Gelas, à Contretype.

Et pour terminer, un coup de coeur pour la belle exposition « Mère et Fils » chez Contretype qui présente le travail de la photographe belge Anne de Gelas. A travers ce travail, l’artiste explore la relation complexe entre une mère et son fils, un lien parfois tendre, parfois violent, souvent fusionnel. C’est l’histoire d’une relation complexe qui s’écrit dans les vitrines et sur les murs.

Anne de Gelas, "Mère et Fils", à Contretype

 

Anne de Gelas s’intéresse aux traces de l’amour maternel et à ses différentes formes. Elle utilise ainsi la photographie, son matériau privilégié, mais aussi le texte, le dessin, et l’emprunt à d’autres images. L’artiste compile ces traces dans des carnets, objets qui permettent de sauvegarder, comme pour contrer le temps qui passe. Car les années s’écoulent au fil de la série. Les corps changent, grandissent ou se rident.

Anne de Gelas, "Mère et Fils", à ContretypeMalgré cet écart temporel, les photographies sont toujours prises de la même manière, dans le même environnement, créant ainsi une belle continuité esthétique. Dans les prises de vue, le regard de l’enfant est souvent tourné vers nous. Happé dans cette intimité, le spectateur est ainsi impliqué dans cette relation : il en devient malgré lui le 3e acteur.

 

Exposition à voir à Contretype jusqu’au 2 janvier 2018.

 

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