Escapade à Berlin – le Hamburger Bahnhof

Immeuble graphique Berlin

Voyage express, escapade presque inespérée, peu préparée. Une après-midi et son lendemain pour s’imprégner de l’atmosphère de Berlin hivernale. La capitale allemande nous a offert toutes les intempéries dignes d’un mois de janvier. Froid piquant et revigorant dès l’arrivée et soleil enivrant : promesse de belles promenades enluminées.

Après la nuit froide, c’est la grisaille qui a jeté son manteau terne sur la ville. Le vent glacial s’est invité au rendez-vous, rendant nécessaires les pauses gourmandes pour réchauffer les mains frigorifiées autour d’une tasse de thé. L’après-midi venue, c’est la neige qui a fait son entrée, dessinant des sourires sur les visages des petits et grands, et apportant une atmosphère nouvelle sur la ville, feutrée, paisible.

Rapidement, ces moments suspendus ont laissé place à une tempête blanche, à des ravales vigoureuses de flocons. Seuls résistaient des pas pressés, des têtes baissées et des dos voûtés pour continuer à avancer, malgré ces bourrasques fouettant les visages.

Vue de Berlin en janvier

Vue de Berlin en janvier   Vue de Berlin en janvier

Le Hamburger Bahnhof, musée d’art contemporain de Berlin

Hamburger Bahnhof, Berlin

Les collections nationales d’art moderne et contemporain, rassemblées sous le terme « Nationalgalerie » sont réparties dans différents bâtiments de Berlin. Ce voyage à travers l’histoire de l’art nécessite donc simultanément un voyage à travers la capitale allemande. Ainsi, la Alte Nationalgalerie, le berceau de la collection, abrite les oeuvres du XIXe siècle. Le Neue Nationalgalerie prend ensuite le relais avec les oeuvres qui s’étendent jusqu’aux années 1960. Enfin, il faut se rendre au Hamburger Bahnhof pour admirer la production artistique contemporaine.

Comme son nom l’indique, le musée d’art contemporain de Berlin, le Hamburger Bahnhof, prend place dans une ancienne gare. Cette gare a été construite au milieu du XIXe siècle pour constituer le terminus de la ligne reliant Hamburg et Berlin. Au début du XXe siècle, cet espace a été transformé en musée des transports et des technologies avant de devenir, à partir de 1996, le musée d’art contemporain des collections de la Nationalgalerie.

Un musée, des collections

Hamburger Bahnhof, Berlin - Hall principal

S’étendant sur 10 000 mètres carrés, ce vaste espace abrite donc les oeuvres les plus récentes des collections nationales mais il accueille également la Collection Marx, la Collection Friedrich Christian Flick et la Collection Marzona. Ces importantes acquisitions font du Hamburger Bahnhof un des lieux les plus importants pour admirer la création artistique contemporaine, avec des oeuvres de Joseph Beys, d’Andy Warhol, de Hans-Peter Feldmann et de Gerhard Richter, pour n’en citer que quelques uns.

Ces collections ne sont pas montrées sous la forme d’exposition permanente. Le musée a pris le parti de présenter ses oeuvres au fil d’expositions thématiques et temporaires. Un choix judicieux qui permet de proposer continuellement de nouvelles perspectives et de nouvelles associations au visiteur. Parallèlement, des artistes contemporains sont invités à présenter leur travail au sein d’expositions collectives ou monographiques. La programmation du Hamburger Bahnhof est donc extrêmement riche et continuellement renouvelée.

Des galeries à la hauteur des collections

Hamburger Bahnhof, Berlin - Collection Marx
Hamburger Bahnhof, Berlin – Collection Marx
Hamburger Bahnhof, Berlin - Collection Marx
Hamburger Bahnhof, Berlin – Collection Marx

Une fois franchies les portes du musée, on est saisi par la grandeur du hall principal qui s’étend devant nous, sa large voûte en berceau rappelant incontestablement celle de la gare d’Orsay. Mais ici, pas de dorures ou d’ornements. Seule la blancheur des murs fait écho au noir des ferronneries qui rythment l’espace.

En pénétrant dans l’aile droite du musée, c’est la même sensation d’espace qui nous submerge. La hauteur sous plafond est démesurée, offrant des cimaises adaptées à la grandeur des noms qui y sont présentés. Car c’est dans cet espace qu’est exposée la Collection Marx. Dans ce hall gigantesque se répondent des oeuvres de Anselm Kiefer, Robert Rauschenberg, Cy Twombly, Andy Warhol et Joseph Beuys.

 

Hamburger Bahnhof, Berlin - Collection Marx. Joseph Beuys, Das Kapital Raum 1970-1977, 1980
Hamburger Bahnhof, Berlin – Collection Marx. Joseph Beuys, Das Kapital Raum 1970-1977, 1980.

Le rez-de-chaussée de l’aile ouest du musée est réservée à un ensemble d’oeuvres de Joseph Beuys. Ce voyage à travers le travail de Beuys est assez immersif puisqu’on est amené à déambuler parmi des oeuvres monumentales. Ici des blocs de pierres sont allongés sur le sol, là d’énormes morceaux de graisse se dressent devant nous.

« Mes oeuvres doivent être considérées comme des stimulants pour la transformation de l’idée de sculpture, ou de l’art en général. Elles doivent amener des réflexions sur ce que la sculpture peut être et sur la manière dont le concept de la sculpture peut être étendu à des matériaux invisibles, utilisés par tout le monde. C’est pourquoi mes sculptures ne sont ni figées ni finies. Des processus sont en place dans la plupart d’entre elles : réactions chimiques, fermentations, changements de couleurs, désintégration, séchage. Tout est en train de changer. » Joseph Beuys.

Hamburger Bahnhof, Berlin - Collection Marx   Hamburger Bahnhof, Berlin - Collection Marx

Hamburger Bahnhof, Berlin - Collection Marx. Joseph Beuys, Umschnitt, 1977
Hamburger Bahnhof, Berlin – Collection Marx. Joseph Beuys, Umschnitt, 1977.
Hamburger Bahnhof, Berlin - Collection Marx. Joseph Beuys, Directional Forces, 1977.
Hamburger Bahnhof, Berlin – Collection Marx. Joseph Beuys, Directional Forces, 1977.

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