Cette semaine, j’aime #5

Novelty Ltd. - Verrière Hermès

Ces derniers temps, j’ai fait pas mal de petites découvertes glanées au fil de mes visites d’expositions et de mes pérégrinations sur la toile. J’ai pensé qu’il serait intéressant de les partager ici en relançant le cycle d’articles « Cette semaine, j’aime ». Ces articles courts pourraient d’ailleurs s’intituler « Ce mois-ci, j’aime » puisqu’ils regroupent davantage que mes découvertes hebdomadaires mais le principe est toujours identique, c’est pourquoi j’en conserve le titre original. Je vous emmène donc à la découverte de travaux et d’expositions qui m’ont séduites et qui j’espère vous plairont tout autant.

Les boutures à recueillir de Lise Duclaux

Lise Duclaux - Plantes de Bruxelles
Lise Duclaux, Plantes de Bruxelles, 2016.
Lise Duclaux - Plantes de Bruxelles
Lise Duclaux, Plantes de Bruxelles, 2016.

Lors de ma première visite à la Centrale, qui se situe à Bruxelles, j’ai été conquise par l’oeuvre de Lise Duclaux, Plantes de Bruxelles (2016). Visible depuis la rue, l’installation peut faire penser à une boutique de plantes d’intérieur. Installées à même le sol, sur des tabourets ou des étagères, les nombreuses plantes attendent d’être adoptées. En effet, lors de performances-rencontres, Lise Ducaux nous invite à adopter une bouture : l’heureux propriétaire de la plante se voit alors remettre un certificat d’oeuvre qui l’engage à devenir responsable de la vie de son nouveau compagnon végétal.

Les permanences de l’artiste étant clôturées quand j’ai visité l’exposition, je n’ai pas pu accueillir une des boutures de Lise Duclaux. L’installation est néanmoins très appréciable et on se surprend à lire pendant un certain temps les dénominations des différentes plantes ainsi que leur personnalité et leur caractère, affichés sur des feuilles colorées présentées aux murs. Quelle bouture verrez-vous dans votre intérieur, à vos côtés ? « La bricolée », « l’énigmatique », « la folle exquise », « la nouille des tropiques », « la pétillante brésilienne » ou encore « la replète aux pieds poudrées » ?

Lise Duclaux - Plantes de Bruxelles
Lise Duclaux, Plantes de Bruxelles, 2016.

Pour en savoir plus :

Sur le site de la Centrale

Sur le site de Lise Duclaux


L’exposition Novelty Ltd. à la Verrière Hermès

Novelty Ltd. - Verrière Hermès
Vue de l’exposition Novelty Ltd. à la Verrière Hermès.

Pour la troisième exposition du cycle « Poésie balistique », le commissaire Guillaume Désanges a invité deux artistes à investir la Verrière de la Fondation Hermès. Le résultat que constitue l’exposition Novelty Ltd. illustre la manière dont deux artistes peuvent collaborer afin de proposer au public une interaction entre leurs travaux à priori opposés. Le choix opéré pour l’exposition consiste en la scission de l’espace en deux parties, l’une réservée à Douglas Eynon et l’autre à Erwan Mahéo. Mais cette séparation qui apparait catégorique au premier abord, est en réalité perméable et permet aux deux univers de se nourrir et de s’enrichir.

Novelty Ltd. - Verrière Hermès
Vue de l’exposition Novelty Ltd. à la Verrière Hermès.

Le premier espace est réservé au pendant plus rationnel de l’exposition, représenté par les travaux d’Erwan Mahéo. Son oeuvre centrale est constituée d’un rideau où est présentée une sorte de cartographie de l’exposition, avec les différentes étapes mentales et spatiales du projet. On retrouve également les éléments fonctionnels du bureau (une lampe, une table, une fenêtre, des escaliers) mais qui ouvrent chacun vers une dimension plus poétique. Le rideau s’ouvre sur un couloir qui débouche sur l’univers de Douglas Eynon, emprunt d’un certain surréalisme. Ici, on navigue parmi les quatre éléments naturels et dans une sorte d’imaginaire, de monde fantastique qui n’appartient plus vraiment au réel.

 

Novelty Ltd. - Verrière Hermès
Vue de l’exposition Novelty Ltd. à la Verrière Hermès.
Novelty Ltd. - Verrière Hermès
Vue de l’exposition Novelty Ltd. à la Verrière Hermès.

Pour en savoir plus :

Sur le site de la Fondation d’entreprise Hermès

Vidéo de présentation de l’exposition par Guillaume Désanges


La scénographie d’une expo à Argos

Argos - Step Up Chap. 2
Vue de l’exposition STEP UP, à Argos.

Récemment, je me suis rendue pour la première fois à Argos, un centre d’art bruxellois qui présente actuellement STEP UP, un cycle d’expositions sur la danse et la performance en Belgique. L’un des enjeux principaux du cycle est d’interroger la relation qu’entretiennent ces disciplines avec l’art du film et de la vidéo. Dans un espace presque unique, l’exposition présente, pour son second chapitre, un ensemble de sept vidéos.

Plongé dans l’obscurité, le rez-de-chaussée du centre offre une scénographie innovante qui permet au spectateur de visualiser plusieurs vidéos dans le même temps. Les sons s’entremêlent, les images se répondent, les gestes se confondent. Quatre grands écrans sont disposés en enfilade, proposant des points de vue sur deux vidéos, voire trois si l’on se décale latéralement. Trois petits écrans viennent s’ajouter sur les côtés, accueillant des films en noir et blanc. Alors que les grands écrans montrent des films au rythme accéléré voire violent, les petits écrans proposent des vidéos plus lentes et apaisées.

Surprenant au premier abord, cette mise en espace a le mérite de proposer des relations inédites entre les différents films présentés et de proposer une visite très immersive, à la fois par le son et par l’image.

Pour en savoir plus : le site d’Argos


Les tissages de Célia Gondol

Fondation d'entreprise Hermès - Célia Gondol
Célia Gondol. Photo Tadzio © Fondation d’entreprise Hermès
Fondation d'entreprise Hermès - Célia Gondol
Célia Gondol. Photo Tadzio © Fondation d’entreprise Hermès

En errant sur le site de la Fondation Hermès, je suis tombée sous le charme des réalisations de Célia Gondol, créées lors de sa résidence à la Holding Textile Hermès en 2015 et 2016. Au contact des artisans, la jeune artiste et chorégraphe découvre les secrets du travail de la soie. Au contact de l’astrophysicienne Hélène Courtois, elle s’initie parallèlement aux principes des mouvements de l’univers. Conciliant le microcosme et le macrocosme, elle conçoit alors un tissage de 40 mètres de long qui présente une cartographie de trajectoires célestes.

Passionnée par le mouvement, du corps et des matières, elle souhaite expérimenter, lors de sa résidence, les jeux de lumière sur le textile. Elle conçoit pour cette occasion un tissage de cuivre qui, mise en lumière par des led et des réflecteurs, offre une vibration particulière.

Aidée par sa marraine, Ann Veronica Janssens, elle a présenté l’ensemble dans un hangar. Ses tissages se déploient sur le sol, avec d’un côté un projet raisonné et réfléchi et de l’autre une expérimentation et un résultat plus spontané. Les deux oeuvres ont en commun cette attention pour la matière et le mouvement, intensifiés par la lumière, qu’elle soit interne ou externe aux textiles.

Fondation d'entreprise Hermès - Célia Gondol
Clélia Gondol. Photo Tadzio © Fondation d’entreprise Hermès
Fondation d'entreprise Hermès - Célia Gondol
Célia Gondol. Photo Tadzio © Fondation d’entreprise Hermès

Pour en savoir plus :

Les résidences de la Fondation d’entreprise Hermès

Le site de Célia Gondol

Vidéo de présentation du projet


Photo de couverture : Vue de l’exposition Novelty Ltd. à la Verrière Hermès.

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